Améliorer les performances et la stabilité du WiFi
- Mise à jour le 01 févr. 2026
Récemment, j’ai récupéré la gestion d’un réseau WiFi dans un immeuble de bureaux, avec environ 300 appareils connectés à une dizaine de points d’accès UniFi. Les retours utilisateurs étaient globalement négatifs, principalement en raison de performances insuffisantes, de déconnexions fréquentes et, dans certains cas, d’une impossibilité totale de se connecter.
Le réseau reposait exclusivement sur des points d’accès Ubiquiti UniFi. Ils ne me sponsorisent pas (même s’ils sont les bienvenus 😋), et cet article ne constitue ni une recommandation ni une critique de la marque, faute d’un recul suffisant sur d’autres fabricants pour établir une comparaison équitable. Cela étant dit, ce guide est largement orienté UniFi, mais les principes et recommandations présentés s’appliquent à la majorité des équipements WiFi.
Avec le recul, une leçon essentielle s’impose : dès que cela est possible, il faut encourager l’utilisation de connexions filaires. Les connexions Ethernet offrent systématiquement de meilleures performances et une stabilité supérieure, tandis que le WiFi doit être privilégié uniquement lorsque le câblage n’est pas envisageable.
Dans cet article, je partage les actions que j’ai mises en place afin d’améliorer l’expérience WiFi globale. Il est important de comprendre que ces optimisations ne résolvent pas tous les problèmes, mais qu’elles améliorent significativement la fiabilité et les performances dans la majorité des cas.
Maintenant que le contexte est posé, entrons dans le vif du sujet avec les actions que vous pouvez mettre en œuvre pour améliorer l’expérience WiFi de vos utilisateurs.
Puissance du signal des points d’accès WiFi
Cette approche permet d’améliorer les performances WiFi globales, de réduire les interférences entre les points d’accès et d’encourager une itinérance correcte des appareils.
Dans l’interface d’administration UniFi, il est possible de configurer la puissance d’émission de chaque point d’accès WiFi. Augmenter cette puissance au maximum n’améliore pas la qualité du WiFi ; bien au contraire, cela produit souvent l’effet inverse. Une puissance d’émission trop élevée permet à des appareils éloignés, avec un signal de mauvaise qualité, de rester connectés, ce qui dégrade les performances globales du réseau.
Les appareils disposant d’un signal faible nécessitent davantage de temps d’antenne en raison de débits plus faibles et de retransmissions fréquentes. Ils consomment ainsi une part disproportionnée du temps d’antenne disponible, au détriment de tous les autres appareils connectés au même point d’accès. Pour éviter ce phénomène, il est généralement recommandé de régler la puissance d’émission sur un niveau faible (paramétrage sur Low) lorsqu’un point d’accès couvre une seule pièce, ou sur un niveau moyen (paramétrage sur Medium) lorsqu’un point d’accès couvre plusieurs pièces.
WiFi 2,4 GHz vs 5 GHz vs 6 GHz
La bande de fréquence 2,4 GHz est la première à avoir été largement utilisée par les technologies WiFi. Elle permet aux signaux de porter plus loin et de mieux traverser les obstacles que le 5 GHz, mais au prix de débits plus faibles et d’un niveau d’interférences nettement plus élevé. Aujourd’hui, la bande 2,4 GHz est fortement encombrée, car elle est partagée avec de nombreuses autres technologies telles que le Bluetooth, les périphériques sans fil et les objets connectés (IoT).
Dans la bande 2,4 GHz, il n’existe que trois canaux non chevauchants en 20 MHz dans la plupart des régions : les canaux 1, 6 et 11. Le canal 14 n’est disponible que dans certains pays et n’est généralement pas exploitable pour le WiFi à l’échelle mondiale. En raison de cette disponibilité très limitée des canaux, les interférences sont fréquentes. Pour ces raisons, le 2,4 GHz ne devrait être activé que lorsque des équipements anciens l’exigent, et sa puissance d’émission doit être maintenue au niveau le plus bas possible.
La bande 5 GHz offre des débits nettement plus élevés ainsi qu’un nombre beaucoup plus important de canaux disponibles, ce qui permet de réduire considérablement les interférences. Selon le domaine réglementaire, elle propose plus d’une vingtaine de canaux non chevauchants, incluant des canaux DFS. Par conséquent, le 5 GHz doit être privilégié dès que la compatibilité des appareils et la couverture le permettent.
Qu’en est-il du 6 GHz ? Introduite avec le WiFi 6E, la bande 6 GHz apporte une large portion de spectre supplémentaire, quasiment exempte d’interférences. Bien que la compatibilité des appareils reste encore limitée, elle permet d’atteindre des débits très élevés et une faible latence. En revanche, comme le 5 GHz, sa portée est inférieure à celle du 2,4 GHz. Si vos points d’accès et vos terminaux clients le prennent en charge, l’activation du 6 GHz est vivement recommandée.
Sélection des canaux WiFi
Le choix des canaux est un facteur déterminant pour améliorer les performances WiFi. Sélectionner un canal déjà fortement utilisé par des points d’accès voisins disposant d’un signal puissant peut dégrader significativement la qualité du signal en raison des interférences.
La première étape consiste à analyser l’environnement radio afin d’identifier les canaux les moins encombrés. Dans l’application UniFi Network, cette analyse peut être réalisée en se rendant dans le menu Radios, puis en sélectionnant l’onglet Environnement.
Dans cet exemple, il apparaît clairement que le choix de canaux non DFS (de 36 à 48) serait inadapté, car ils sont déjà fortement encombrés par les points d’accès voisins.
- C’est pourquoi, dans cette situation, le canal 64 constitue un excellent choix :
Largeur de canal WiFi
Comme le montre l’interface, il est possible de choisir entre différentes largeurs de canal WiFi. En théorie, une largeur de canal plus importante permet d’atteindre des débits plus élevés en transportant davantage de données. Toutefois, des canaux plus larges sont également plus sensibles aux interférences et consomment une plus grande portion du spectre, ce qui peut rapidement devenir contre-productif dans des environnements denses.
Lorsque seuls un ou deux appareils sont connectés à un point d’accès, l’utilisation d’une largeur de canal plus élevée peut s’avérer bénéfique. Dans mon cas, avec plus de 30 appareils par point d’accès et un niveau élevé d’interférences provenant des réseaux voisins, j’ai choisi l’option la plus étroite : 20 MHz. Ce réglage permet de réduire les interférences, d’améliorer la stabilité et d’assurer une répartition plus équitable du temps d’antenne entre les appareils connectés.
RSSI minimum et Interference Blocker
Comme évoqué précédemment, un appareil connecté avec un signal de mauvaise qualité peut dégrader les performances de l’ensemble des appareils associés au même point d’accès. Les clients disposant d’un signal faible utilisent des débits plus bas et nécessitent davantage de retransmissions, ce qui consomme une part disproportionnée du temps d’antenne disponible.
Pour limiter cet impact, les systèmes WiFi modernes proposent des mécanismes tels que le RSSI minimum et le blocage des interférences, permettant de déconnecter les clients dont la qualité de signal est insuffisante. Selon la configuration, ces mécanismes peuvent soit inciter les appareils à basculer vers un point d’accès plus adapté, soit forcer leur déconnexion.
À titre indicatif, l’activation d’un seuil de RSSI minimum de -75 dBm pour une largeur de canal de 20 MHz, ou de -70 dBm pour une largeur de canal de 40 MHz, offre un bon compromis entre couverture et performances. Ces valeurs doivent toutefois être ajustées en fonction de la densité des clients et de leur comportement en itinérance.
Conclusion
Nous avons passé en revue de nombreux paramètres capables d’améliorer significativement l’expérience WiFi globale. Ces optimisations permettent-elles de résoudre tous les problèmes ? Honnêtement, non. Même si elles apportent des améliorations notables dans la majorité des situations, certains appareils peuvent encore rencontrer des difficultés de connexion ou de performances.
C’est pourquoi un principe fondamental reste valable : dès que possible, il convient d’encourager l’utilisation de connexions filaires. Les connexions Ethernet sont intrinsèquement plus stables et plus prévisibles que les connexions sans fil. De plus, un point d’accès WiFi partage son temps d’antenne et sa bande passante entre l’ensemble des appareils connectés, ce qui a inévitablement un impact sur les performances lorsque le nombre de clients augmente.